A propos Michel Sommer

Après des études commerciales et huit ans de travail dans les transports aériens, maîtrise en théologie à la Faculté autonome de théologie protestante à l'Université de Genève, maîtrise en Peace Studies au Anabaptist Mennonite Biblical Seminary, Elkhart, USA. Avant de rejoindre le CeFoR Bienenberg en 2003 comme animateur théologique, il a travaillé au Centre Mennonite de Bruxelles et a été pasteur de l'Eglise mennonite de Strasbourg. Depuis 1997, il est rédacteur du mensuel Christ Seul et « ancien » de l'Eglise mennonite d'Altkirch depuis 2007. Marié, père de trois enfants.

Apprendre à être pécheur

En vue des journées d’étude du 22 au 24 septembre 2017 au Bienenberg, sur le thème du péché, voici quelques pensées décalées et sérieuses…

 

 

La notion de « péché » n’a pas bonne presse. On lui préfère le pêcher, surtout à l’arrivée de l’été ! D’autres optent pour aller pêcher sur les bords d’une rivière, au « Paradis des pêcheurs » !

Il fut un temps où, dans les Églises, les chapelles et chez les chrétiens, on battait sa coulpe en répétant sans fin : « C’est ma faute, c’est ma très grande faute ». Lorsque l’on n’avait rien fait de mal, on se flagellait pour avoir pensé mal. Et lorsque l’on n’avait rien à se reprocher, on s’accusait de se prendre pour un juste. Et lorsqu’on n’avait pas même cela à se reprocher, on était quand même injuste, parce qu’il en est ainsi ! On comprend alors que l’on ait opté pour aller pêcher plutôt que de parler de péché.

Aujourd’hui, plus personne ne se reconnaît pécheur. Même lorsqu’il est évident aux yeux de tous que l’on a tort, on se débrouille pour [cocher la bonne case] :

  • mettre la faute sur les autres, que ce soit les ancêtres, les étrangers, la société…
  • se trouver des excuses liées aux circonstances, au manque de temps, au stress, aux humeurs provoquées par la météo
  • se reconnaître responsable mais pas coupable
  • changer de sujet
  • faire semblant de ne rien avoir entendu
  • et surtout, surtout, ne jamais demander pardon.

Finalement, qu’est-ce qui vaut mieux : un monde où il faut toujours se considérer coupable ou un monde où l’on ne se reconnaît jamais coupable ?

Dans la Bible, le péché est évoqué à l’aide d’une image : rater la cible ! Mais quelle est cette cible à viser ? Si l’on en croit l’homme de Nazareth, la cible prend les contours suivants : Aime Dieu de toute ta force, et ton prochain comme toi-même. Le péché, du coup, c’est de ne pas aimer Dieu et le prochain, sous la forme – en bref – de l’idolâtrie et de l’autonomie par rapport à Dieu, de la haine ou de l’indifférence envers autrui. On comprend alors l’ampleur du concept…

Le péché, c’est bien davantage que de respecter ou pas un code moral. Il s’agit de l’orientation de toute la vie, qui se traduit il est vrai par un caractère, des actes, des paroles, des pensées… Nous ratons si souvent la cible ! Il faut donc, comme le dit l’éthicien nord-américain Stanley Hauerwas, « apprendre à être pécheur », car cela ne nous est pas naturel.

Un des symptômes de la difficulté actuelle à accorder au péché sa juste place, c’est l’absence de confession de péché ou de prière de repentance dans la spiritualité des cultes des Églises évangéliques. Si l’on n’a jamais l’occasion, devant Dieu, de se reconnaître pécheur, ayant raté la cible, pourquoi demanderait-on pardon au conjoint, au collègue, à l’ami, au frère et à la sœur en Christ ?

Le titre d’un livre de Daniel Bourguet (la repentance, une bonne nouvelle) montre la voie : le paradis des pécheurs (!) est le lieu où de grandes réorientations sont possibles, où des relations renouvelées sont envisageables, où il fait bon s’exposer à la lumière du Soleil de Dieu pour que reculent les ténèbres du mal.

Journées d’étude au Bienenberg – 22-24 septembre 2017

« Que celui qui est sans péché – Entre minimisation et surenchère du péché »

Avec Madeleine Bähler, Janie Blough, Marie-Noëlle Yoder, Lukas Amstutz, Frédéric de Coninck, Hanspeter Jecker, Denis Kennel, Daniel Plessing, Andreas Rosenwink, Michel Sommer, Marcus Weiand.

Infos et inscriptions : http://fr.bienenberg.ch/sejours/journees-detude

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5 raisons de ne pas faire une retraite spirituelle en 2017

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  1.   Ça sonne bizarre…

Une « retraite spirituelle » : ces mots sonnent pieux et poussiéreux. Ils évoquent le repli sur soi voire l’enfermement. Et puis, la retraite fait penser au troisième âge… Il faudrait appeler cela autrement !

Pourtant… même si le mot n’est pas tel quel dans nos Bibles, la pratique y est bien présente ! Jésus se retirait  loin de la foule et loin de tout, pour prier son Père (Mt 14.22 ; Lc 9.28). Son action, très importante, s’accompagnait de moments de retrait, pour être en communion avec son Père. Il était dans l’action et en retrait de l’action. Retrait, retraite, une seule lettre s’ajoute.

Ce va-et-vient entre l’action et le retrait indique un modèle. L’engagement pour l’Église, l’engagement au travail, l’engagement dans une famille ou avec des amis doit s’accompagner de moments de dégagement – où l’on se dégage de tout ce qui fait la vie habituelle.

2. Ça fait peur…

Une retraite spirituelle fait peur. Que ce soit en rejoignant seul une communauté qui vit le silence et la prière des heures (offices) ou que ce soit en participant à une retraite organisée (voir tout à la fin de cet article).

En effet, c’est partir vers l’inconnu. Comment ça se passe ? Qu’est-ce qu’on y fait ? Faut-il parler beaucoup de soi, en public ou à un(e) accompagnant(e) ? C’est aller aussi vers soi, vers son intériorité, ses pensées et ses désirs, ses blocages et ses peurs, justement ! On risque de tourner en rond dans sa tête et de se perdre…  Enfin, le silence (ingrédient « obligatoire » d’une retraite) inquiète. Que va-t-il se passer ? Ne va-t-on pas s’ennuyer ?

Ces peurs et d’autres sont compréhensibles. Il faut du courage pour s’inscrire à une retraite ! Ce qui peut rassurer, c’est qu’on y vit la liberté. Liberté de s’exprimer ou pas. Liberté de descendre en soi, dans ses profondeurs, ou pas. Liberté de se dévoiler dans la confidentialité d’un entretien ou pas.

Et il s’agit en retraite de faire le choix d’avoir une attitude bienveillante envers soi-même. Aussi bienveillante que le regard de Dieu le Père qui veut le bien pour ses enfants. Alors le silence s’apprivoise, un silence qui n’est pas vide, mais caisse de résonance pour la Parole de Dieu.

  1. Ça sert à quoi ?

Voici un argument plutôt masculin ! A quoi sert tout ce temps à ne rien faire ou à se regarder le nombril ? Si on veut s’abîmer en contemplation, on peut le faire chez soi, librement, quand on veut. Et en plus, c’est gratuit !

Ok, mais qui le fait vraiment chez soi ? Qui parvient à s’arrêter et à se retirer suffisamment ? Et qui n’a fait l’expérience d’avoir constamment le nez dans le guidon et de s’épuiser à la longue ? Où de ne plus bien savoir où l’on va ?

Une retraite ne constitue pas une perte de temps, mais donne les moyens de durer… Une retraite permet de prendre du recul ou de la hauteur par rapport à sa vie, à ses priorités abandonnées et à revisiter, aux relations à clarifier, à ses désirs devant telle décision, etc.

Le contexte d’une retraite spirituelle rend davantage disponible à l’écoute de la Parole de Dieu, autrement et parfois plus clairement que dans le brouhaha du quotidien ou que lors des cultes.

Qui se souvient le lundi de la prédication du dimanche ? Le choix de consacrer de manière substantielle du temps à Dieu, le silence et le contexte sécurisé, tout cela permet souvent à la Parole de Dieu, lue, méditée, priée, de faire son chemin en soi de manière nouvelle, jusque dans les recoins de sa vie… Ou plus simplement de recevoir les forces, par le Saint-Esprit, de vivre la radicalité de l’Évangile au quotidien, dans le don de soi et jusqu’à l’amour des ennemis.

  1. Ce n’est pas prioritaire

Priorité à la famille ou aux amis, priorité à la formation, priorité à l’Église… Et ces priorités se renforcent : un engagement important pour l’Église demande de bénéficier de formation pour son service ou de consacrer du temps à sa famille.

Il est vrai que ces bonnes priorités ont toute leur place. Pourtant, n’y aurait-il pas une priorité aussi grande à accorder à la relation avec Dieu ? Et la « relation avec Dieu », qui inclut le cœur du croyant, passe par du repos, de la détente (au sens noble), une promenade dans la nature, des réflexions mises par écrit, la relecture du passé récent ou lointain, la méditation/rumination de textes bibliques, l’expression de sa prière, une peine ou un aveu à déposer, un engagement à prendre…

En ce sens, on ne s’ennuie pas dans une retraite spirituelle : il y a tant de paysages intérieurs à parcourir et tant de moyens de les visiter…

  1. Ce n’est pas des vacances…

Nous vivons dans un stress permanent. Nos jours et nos nuits sont remplis à ras bord. Il nous faut des pauses sous la forme de vacances relaxantes. Des moments où l’on vit sans horaires ni contraintes, des moments de liberté, de découverte, de plaisir. Ou alors des temps où l’on s’éclate par des activités hors du commun ou à forte sensation.

On peut comprendre, et les vacances sont un cadeau il est vrai. Pourtant, pourquoi ne pas glisser pendant les vacances une retraite spirituelle pour ralentir son mode de vie, son corps, ses pensées, son âme ?  Les vacances à la mode occidentale ressemblent furieusement au mode de vie consumériste quotidien. On y reste à la surface des choses et de sa vie. Une retraite spirituelle est un OVNI : un Objet Visant une Nouvelle Intimité…, avec Celui qui est la source de la vie.

Pour aller plus loin…

Retraite spirituelle au Bienenberg. « Viens et re-prends le chemin… ». Du 8 au 14 juillet 2017. Avec Madeleine Bähler, Claire-Lise Meissner-Schmidt, Jane-Marie Nussbaumer, Sabine Schmitt. Michel Sommer.

Les gars, les filles, la sexualité… et Dieu

« Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) ». C’est le titre quelque peu ironique d’un livre de Thérèse Hargot, philosophe et sexologue intervenant en milieu scolaire. Elle s’interroge sur ce qui est advenu de la « libération sexuelle » des années 1960-1970, à partir de son écoute des jeunes d’aujourd’hui à qui elle donne la parole dans le livre.

Si les jeunes se sentent sexuellement libérés, ils sont en réalité prisonniers de nombreux diktats. Ils sont libres de consommer de la pornographie, mais menés par leurs pulsions, elles-mêmes titillées par l’hypersexualisation ambiante. Ils sont libres d’avoir des rapports sexuels dès l’adolescence, mais soumis à l’angoisse de la performance. Ils sont libres de choisir une orientation sexuelle, mais enfermés dans un destin sexuel figé. Ils sont libres de prendre la pilule ou de mettre un préservatif, mais à la merci de rapports sexuels vus comme un danger et un jeu de hasard. Ils sont libres puisque « consentants », sans s’apercevoir que connaissance de soi et maturité sont nécessaires pour dire authentiquement « je ». Ils sont libres de se mettre en couple, mais en font un refuge fusionnel des sentiments, peu propice à l’altérité.

Au Bienenberg les 12-13 novembre prochains, il sera question de sexualité, avec des jeunes de 14 à 16 ans de Suisse et de France, venus avec leurs groupes de catéchisme. Dans le contexte de la place prédominante de la sexualité dans la société, nous essaierons de la situer de la bonne manière, selon l’enseignement des Écritures, et dans le cadre du développement des jeunes.

Un temps entre filles et entre gars permettra de parler librement de soi et de l’autre sexe. Des ateliers traiteront de : Bible et sexualité (Michel Sommer) ; Relations sexuelles avant le mariage (Marie-Noëlle Yoder) ; Pornographie et masturbation (Fritz Goldschmidt) ; L’homosexualité (Fritz Goldschmidt) ; Pourquoi faut-il que ce soit un chrétien ou une chrétienne ? (Michel Sommer). Les jeunes pourront poser des questions sur tout ce qu’ils ont toujours voulu savoir sur la sexualité, sans oser le demander… (Marie-Noëlle Yoder)

Pour vivre ce thème devant Dieu et dans une saine atmosphère, des célébrations avec chants, prière et « mini-prédic » sont prévues, de même qu’un questionnaire permettant de réfléchir à soi et de prendre du recul. Nous donnerons la parole à des accompagnant(e)s des groupes lors d’une table ronde qui permettra d’entendre des histoires d’amour durables. Et le groupe de catéchisme de l’Église du Geisberg (France) prépare des jeux de coopération comme moyen de s’amuser ensemble, gars et filles, hommes et femmes, de manière saine et constructive !

Alors que la pression en matière de sexualité est grande sur les jeunes (chrétiens) issus des Églises, alors que le culte de la sexualité s’impose, parlons de sexualité, avec respect et poésie, en vérité et avec sensibilité, pour nous aider à mener des vies qui honorent Dieu et le prochain par notre corps et de tout notre être.

Infos pratiques

Week-end catéchisme – 12-13 novembre 2016

« Les gars, les filles, la sexualité… et Dieu »

Avec Fritz Goldschmidt, Marie-Noëlle Yoder, Michel Sommer

Inscriptions en groupe de catéchisme, avec un(e) accompagnant(e) pour 7 jeunes

Infos : michel.sommer@bienenberg.ch

Inscriptions : reception@bienenberg.ch

 

Pour aller plus loin…

Thérèse Hargot, Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque), Albin Michel, 2016, 220 pages

La Bible, l’histoire d’un groupe

population-mondialeOn lit souvent la Bible comme un guide pour la relation personnelle avec Dieu. C’est bien ! Découvrir qu’elle raconte de bout en bout l’histoire d’un groupe place nos vies personnelles dans une perspective plus large.

Après un début à la taille du cosmos, le livre de la Genèse (dès le chap. 12) décrit la formation d’un groupe, avec le récit de familles répandu sur plusieurs générations. Il est question d’un clan, ancêtre d’un groupe plus grand appelé Israël et dont l’histoire se déploie alors dans le reste du Pentateuque. L’alliance entre Dieu et ce groupe fonctionne comme une constitution, dont les modalités se trouvent dans la Torah, destinée avant tout à réguler la vie collective.

Une fois installé en terre promise et réparti en tribus (des sous-groupes), ce groupe souhaite un roi comme chef. L’histoire subséquente des rois d’Israël est une histoire politique voire politicienne, mais à nouveau l’enjeu tourne autour du destin d’un groupe.

Les prophètes s’adressent à ce groupe pour l’inviter au retour à Dieu, à la Torah, à la pratique d’une justice qui se soucie d’abord des plus faibles, au risque d’un jugement de Dieu qui se réalise entre autres lors de l’exil collectif à Babylone. Là, les prophètes annoncent un retour du groupe sur sa terre, ce que racontent les derniers livres de l’Ancien Testament.

Les livres de la sagesse (Job, Qohélet…) et les Psaumes (en partie) expriment le plus un point de vue personnel, sur la relation avec Dieu et sur l’existence. Mais même alors, on pourrait montrer que ce n’est pas sans rapport avec l’appartenance au groupe Israël.

Le Nouveau Testament poursuit dans la même ligne. Les évangiles présentent Jésus le Messie  rassemblant symboliquement 12 apôtres, début de la restauration d’Israël. Il invite quiconque à le rejoindre dans ce qui devient un sous-groupe d’Israël, porteur d’une alliance nouvelle. La Pentecôte élargit la perspective, mais toujours dans l’idée de former un groupe (de juifs et de païens cette fois) réuni par le Christ et autour de lui.

Pour l’essentiel, les autres écrits du Nouveau Testament et les épîtres de Paul s’adressent à des communautés chrétiennes, des groupes dispersés qui ensemble forment un grand Groupe appelé Église. Celle-ci s’inscrit dans la continuité et la discontinuité avec Israël, portée par une espérance commune de la résurrection et du monde nouveau lors de l’avènement du Fils de Dieu.

La Bible commence donc par une perspective globale, cosmique, et se termine de la même manière. A l’intérieur de cette grande perspective, les Écritures racontent l’histoire d’un groupe, son appel, ses réponses, ses défaillances, les interventions de Dieu en sa faveur, ses retours, sa mission collective dans le monde et pour le monde.

Si la Bible (Ancien et Nouveau Testament) fonctionne comme la mémoire du groupe Église, quelles implications en dégager ?

  1. Notre manière de lire et de comprendre la Bible correspond-elle à la manière dont le Bon Livre se présente ? L’enjeu est herméneutique, à savoir une juste compréhension, communautaire très souvent, des textes particuliers et leur insertion dans le grand récit biblique.
  2.  La vie chrétienne s’insère nécessairement dans la vie d’un groupe, car le salut et le shalom de Dieu prennent une forme sociale visible qui s’appelle l’Église. L’enjeu est ecclésiologique, à savoir une vision de l’Église comme société alternative.

Bien sûr, la réponse à l’appel de Dieu en Jésus-Christ est personnelle et fonde l’engagement au sein du groupe Église. Bien sûr, l’aide personnalisée pour la guérison intérieure et la croissance spirituelle est bienvenue. Bien sûr, et à l’inverse, l’instinct grégaire ou le collectivisme imposé constituent des dérives mortifères.

Mais peut-être les chrétiens du 21e siècle, marqués par des logiques individualistes, également en matière de foi, gagneraient-ils à redécouvrir le grand projet de Dieu pour le monde au travers du groupe Église.

Pour aller plus loin…

Bernhard Ott, Shalom : le projet de Dieu, Dossier de Christ 1-2/2013, Éditions Mennonites, Montbéliard, 128 pages

 

 

 

 

5 clés pour ne pas discerner la volonté de Dieu

Comment être certain de ne pas discerner la volonté de Dieu ? Voici 5 clés qui ouvrent des perspectives insoupçonnées… sur la Bible, sur Jésus, sur soi, sur les autres, sur nos manières de discerner la volonté de Dieu.

  1. Utiliser la Bible comme un livre de recettes ou comme un code de loi

La Bible est comme un livre de recettes de prises de décision : je prends une parole de la Bible au hasard (en évitant les versets dérangeants), je me l’applique directement et je saupoudre ma situation. Ou alors je choisis plusieurs versets hors contexte, je les mélange vigoureusement, pour obtenir une sauce passe-partout, à mélanger à n’importe quel cas. A qui objecte, je réponds : « C’est biblique ».

La Bible est à utiliser comme un code de loi : elle y ressemble, avec ses chapitres et ses versets qui font penser aux chapitres, sections et paragraphes du Code civil. Cela exige de connaître la Bible sur le bout des doigts, pour trouver le bon article à appliquer à telle situation. Je sais alors ce qui est autorisé ou pas, à quelles conditions, et qui est concerné. A qui objecte, je réponds : « La Bible dit ».

  1. Ignorer l’enseignement de Jésus

On peut ignorer l’enseignement de Jésus de deux manières. Soit délibérément, soit sans en avoir l’air.

  • Délibérément : je cherche à discerner la volonté de Dieu, mais je sais que Jésus n’a rien dit de clair sur la situation en question, car il en est resté à des généralités. Comme Jésus n’a par exemple pas parlé des Smartphones, j’en déduis qu’il n’a rien à dire sur mon usage des moyens techniques ou technologiques.Ou alors, j’estime que ses paroles étaient trop précises et trop liées à son contexte (« vends tout ce que tu as et suis-moi »), sans validité ou implication potentielles pour aujourd’hui.
  • Sans en avoir l’air : je parle de Jésus, je le prie, je le célèbre comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs, mais je ne cherche pas à connaître les commandements clairs qu’il a donnés ; ou alors je ne me réfère qu’à des commandements généraux en les délayant au point qu’il est difficile d’y trouver une aide pour discerner la volonté de Dieu aujourd’hui.
  1. Toujours ignorer ou toujours suivre ses désirs

Que faire de mes souhaits et de mes désirs dans le discernement de la volonté de Dieu ? On peut répondre à cette question de deux manières.

  • Puisque qu’il s’agit de discerner et de faire la volonté de Dieu et non la mienne, il ne faut surtout pas prêter attention à moi et à mes désirs personnels. En effet, mes désirs personnels s’opposent à la volonté de Dieu. Il faut y renoncer, pour ne pas agir de manière humaine, mais selon Dieu.
  • Puisqu’il s’agit de discerner la volonté de Dieu le Créateur, je peux penser qu’il a placé en moi des désirs qui rejoignent ce qu’il désire. Le principal moyen de savoir ce que Dieu veut est de prêter attention à mes désirs. En outre, comme il faut s’aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres, il faut respecter ses désirs propres pour être capable d’aimer les autres.
  1. Penser avoir raison seul

Même s’il est bien sûr exagéré de dire que « l’enfer, c’est les autres », il est préférable de se méfier de l’avis d’autrui pour discerner la volonté de Dieu, surtout s’il questionne mes motivations. Les autres peuvent être animés par une volonté de contrôle ou de pouvoir, ils pourraient être tentés de s’opposer par principe ou par jalousie, ils risquent de voir la paille chez moi au lieu de voir la poutre chez eux, leur avis est l’expression de leurs névroses.

De plus, l’expérience montre qu’il n’est guère utile de recourir à l’avis de plusieurs personnes pour m’aider à discerner la volonté de Dieu. En effet, leurs avis divergent le plus souvent, surtout si le nombre de personnes consultées est grand. On est alors tiraillé intérieurement sans savoir quelle direction emprunter. Mieux vaut se dispenser des conseils bien-pensants.

  1. Croire que tout se joue au moment du discernement

Si je dois décider entre acheter un 4×4 ou une voiture électrique ou entre quitter mon épouse et rester,  j’ai intérêt à ne pas tenir compte des choix faits dans le passé : habiter à la campagne ou me marier. Je me concentre uniquement sur l’instant présent qui est le moment du discernement et de la décision. Je pèse le pour et le contre, je suis à l’écoute des circonstances, j’écoute ce que me dit Dieu, je me concentre sur le choix à faire, sans tenir compte du passé.

Bref, si discerner la volonté de Dieu est un art, ne pas discerner la volonté de Dieu relève plutôt de l’automatisme, garantie de réussite… !

Oui aux réfugiés chrétiens, non aux musulmans?

TURKEY-Syria-conflict-militaryDevant l’afflux de réfugiés de Syrie, d’Irak ou d’ailleurs, l’idée suivante fait son chemin : oui à l’accueil de réfugiés chrétiens, non à l’accueil de réfugiés musulmans. La Slovaquie a officiellement pris position en ce sens. Des maires de France et des politiciens suisses également. Ils évoquent les arguments suivants : les chrétiens sont plus menacés que d’autres au Moyen-Orient ; ils s’intègrent plus facilement chez nous ; c’est une manière d’être sûr qu’il ne s’agit pas de « terroristes déguisés » ; il faut limiter le nombre et l’influence des musulmans pour que nos pays restent chrétiens ou de tradition judéo-chrétienne.

Si l’on réfléchit en tant que chrétien, il me semble que ce discours se trompe profondément. Pour les raisons suivantes.

Raisons christologiques et éthiques

Celui que les chrétiens confessent comme Seigneur a été lui-même, avec ses parents, exilé loin de son pays de naissance et accueilli comme réfugié en Égypte. Il pose la compassion (Mt 5.7) comme un des fondements de son royaume. La parabole du Bon Samaritain fait d’un étranger, d’un hérétique, d’un homme méprisé, le modèle de cette compassion envers un blessé juif, alors même que les juifs passant par là n’étaient pas intervenus. Un peu comme si aujourd’hui Jésus disait aux chrétiens qu’ils n’ont pas secouru les chrétiens, mais que des musulmans le font. Du coup, comment peut-on refuser de secourir les musulmans aujourd’hui ?

De manière générale, si nous percevons les réfugiés musulmans comme des ennemis, l’enseignement de notre Maître devrait nous inciter à les aimer, à prier pour eux, à dépasser l’amour de réciprocité entre chrétiens pour l’étendre à un amour complet envers tous (Mt 5.43-48).

Une parole de l’apôtre Paul permet de résumer la position de l’Église primitive : « Pendant que nous en avons l’occasion, œuvrons pour le bien de tous, en particulier pour la maison de la foi. » (Ga 6.10). Agir pour le bien commence certes par les chrétiens (afin que ce qu’ils disent se vérifient entre eux d’abord et pour montrer la voie à suivre), mais sans exclusive : « pour le bien de tous ». Tous.

La doctrine de la création, qui fait de chaque être humain en vie un être en image de Dieu, sans distinction aucune (le récit décrit l’origine, avant l’existence d’une différence entre juifs et païens), exige de sauver et de traiter toute vie humaine de manière égale.

Raisons historiques et ecclésiologiques

Les protestants ont connu la persécution, la fuite, l’exil et le refuge dans divers lieux. Les anabaptistes et les mennonites devraient avoir cette réalité chevillée à leur ADN. Ils ont très souvent été accueillis comme réfugiés. Comment voudrions-nous être traités si nous devions fuir aujourd’hui ?

Refuser d’accueillir des réfugiés musulmans en invoquant l’argument de nos pays chrétiens, c’est lire la Bible comme si Jésus n’était pas venu : les chrétiens n’ont pas de territoire à garder, ils sont étrangers partout – ou n’importe où chez eux. L’Église internationale est leur « maison de foi » – pas un territoire. C’est l’erreur du constantinisme (fusion de l’Église et de l’État) dont on constate les restes ou les résurgences.

Ici et là-bas

On ne peut donc légitimer au nom de la foi chrétienne de refuser l’accueil de réfugiés musulmans. Leur présence peut être une difficulté ou une chance pour nos pays. Leur intégration est à travailler, par eux, par nous, par les autorités. Nos manières de les voir jouent sur nos manières d’être en relation et sur leur intégration. Chrétiens, notre accueil témoignera davantage du Christ que notre rejet.

Et il faut prendre en compte les causes et le contexte de cette crise de réfugiés irakiens et syriens. Le contexte : le régime syrien actuel provoque beaucoup plus de victimes que Daech (80 % par le régime syrien sur un an) ; les pays voisins accueillent beaucoup plus de réfugiés que nos pays (1 habitant sur 4 au Liban est un réfugié). Les causes : certains gouvernements musulmans du Moyen-Orient, de qui les gouvernements occidentaux s’entichent, sont les champions de la déstabilisation de la région, pour renforcer leurs intérêts propres ; l’invasion de l’Irak (basée sur un mensonge) en 2003 et sa gestion ont concouru au renforcement de l’islamisme radical.

Nos pays ont une responsabilité par rapport à la situation au Moyen-Orient. Ils devraient faire pression sur leurs riches alliés musulmans pour également accueillir des réfugiés. Chrétiens, même si protestants ou évangéliques, l’appel du pape François, adressé à chaque paroisse, d’accueillir des réfugiés (sans distinction) devrait résonner dans nos cœurs et dans nos Églises… Quitte à devoir partager nos richesses et réduire notre train de vie.

Mariage gay et islam: menaces sur l’œcuménisme bien compris…

marie-oecumenisme-362495Le mot « œcuménisme » a bonne ou mauvaise presse – selon les contextes d’église… J’y recours ici pour décrire la conscience des chrétiens d’appartenir – malgré de grosses divergences parfois – à un même mouvement et pour décrire l’exigence d’unité en Christ qui lie les chrétiens dans leur diversité. En ce sens, l’œcuménisme est une aventure, belle et… compliquée !

Devant des problématiques actuelles assez « chaudes » parmi les chrétiens, j’observe deux phénomènes en lien avec la question de l’œcuménisme.

  1. L’œcuménisme et la question du mariage gay

Le sujet du « mariage gay » agite passablement certaines Églises, par exemple de nombreuses dénominations nord-américaines dont les mennonites, ou certaines Églises protestantes en Suisse et en France. Au nom de l’égalité de tous et de la bénédiction de Dieu pour tous dans le cadre d’une union durable, on milite pour la reconnaissance du mariage gay par les églises.

Quoi que l’on pense des arguments théologiques invoqués, et tout en étant sensible à la question de l’accueil de personnes homosexuelles au sein des églises et à la nécessaire autocritique des Églises dans leur attitude à leur égard, un des enjeux autour du mariage gay concerne l’unité de l’Église. En effet, depuis les origines de la foi chrétienne, c’est la première fois que des chrétiens ou des Églises légitiment par une bénédiction une union homosexuelle sous l’appellation de mariage. On s’écarte d’une tradition de 2 000 ans partagée par l’ensemble des Églises dans leur grande diversité ! Au plan mondial aujourd’hui, la très grande majorité des chrétiens et des Églises sont opposés à la reconnaissance du mariage gay. L’unité chrétienne qui prévalait jusque là sur ce sujet vole en éclat. Il faut mesurer la cassure actuelle pour les relations entre Églises et confessions chrétiennes. On peut le regretter, et invoquer l’argument de l’œcuménisme et de l’unité dans les débats en cours.

  1. L’œcuménisme et la place de l’islam

Lors de récentes soirées œcuméniques entre catholiques, protestants et mennonites, j’ai constaté avec bonheur un élan pour se rencontrer, faire connaissance, collaborer à certains projets. Mais, lors de dialogues, j’ai éprouvé un malaise devant certains propos tenus. En effet, après les actes terroristes en France, dans un contexte d’ « insécurité culturelle » que décrit le politologue Laurent Bouvet, je me suis demandé si ce regain d’élan pour l’œcuménisme n’était pas la face visible d’une réalité quelque peu cachée : un œcuménisme de combat contre l’islam ou contre « l’islamisation de l’Europe ».

Dans cette manière de vivre l’œcuménisme, on se serre les coudes (jusque là, pas de problème !) non pour témoigner de ce qui nous unit et de l’amour du Christ, mais pour défendre un héritage chrétien sur le mode constantinien. On risque alors de faire le lit des idées de l’extrême droite… Si l’on souhaite que les chrétiens se rassemblent devant l’islam, une démarche auto-critique commune serait plutôt le premier pas à faire ensemble.

Dans le cas n° 1, on assiste à un gauchissement de l’œcuménisme (ou ce qui en reste) au profit de la libéralisation des mœurs « chrétiennes ». Dans le cas n° 2, il s’agit d’une droitisation de l’œcuménisme au profit d’une revendication « chrétienne » nationale. Dans les deux cas, la belle exigence de l’unité chrétienne appelée à rayonner (Jn 17.22-23) est bafouée : en interne par une division entre les Églises et en leur sein sur la question du mariage gay, vers l’extérieur par la désignation d’un ennemi commun à combattre.

Mariage gay, islam : ces sujets font courir des menaces sur l’œcuménisme bien compris…

Ce que Jésus disait – en un tweet

twitter-bird-pic-2Si vous deviez résumer en un tweet la prédication de Jésus, que diriez-vous ? Qu’est-ce qui était au au cœur du message qu’il proclamait ? C’est une question importante, pour bien situer l’action de Jésus, pour ne pas se focaliser sur d’autres choses que lui, pour ne pas placer d’autres priorités que les siennes – si l’on est chrétien.

La réponse se trouve par exemple au début de l’évangile de Marc (1.15) (et de Matthieu et de Luc) : « Après que Jean eut été livré, Jésus vint en Galilée ; il proclamait la bonne nouvelle de Dieu et disait : Le temps est accompli et le règne de Dieu s’est approché. Changez radicalement et croyez à la bonne nouvelle. »

Comme un tweet, le message en bref de Jésus était : « Le Royaume de Dieu est là ! » Qu’est-ce à dire ? D’abord, règne ou royaume, c’est presque pareil. Ensuite, c’est une manière d’exprimer que Dieu « débarque » pour régner sur son peuple. Même si une partie d’Israël était revenu d’exil à Babylone, les contemporains de Jésus ne pensaient pas que Dieu régnait sur Israël. Le pays était d’une certaine manière sous domination romaine. Des païens ou un roi peu recommandable faisaient leur loi. Le temple et sa caste de prêtres n’étaient guère en meilleure forme, raison pour laquelle les Esséniens s’étaient retirés au désert pour créer une communauté purifiée. Les pharisiens estimaient que le peuple était loin d’appliquer la Loi de Moïse.

Jésus annonce donc : Dieu vient régner, il revient parmi son peuple. Comme son roi. Et lorsque Jésus dit cela, et qu’il agit comme il fait, il laisse entendre qu’il joue un rôle-clé dans ce retour de Dieu comme roi. Il va accomplir la Loi dans son plein sens, il va commencer à faire régner un ordre différent : pour cela, il appelle 12 disciples, symbole d’un Israël en voie de transformation. Il devra s’employer à leur faire comprendre tout ce qu’entraîne ce Royaume (par exemple dans le Sermon sur la montagne, Mt 5-7).

Le Royaume de Dieu, c’est un ordre nouveau, c’est un monde nouveau. Cela désigne la même chose que la « vie éternelle » dans l’évangile de Jean ou que « shalom » ailleurs dans la Bible. Le mot « basileia » (royaume, règne) a la particularité d’être un terme politique qui décrit un espace, un domaine, une organisation sociale et politique.

Le Royaume de Dieu n’est pas donc uniquement quelque chose à venir. La vie éternelle n’est pas que la vie après la mort. Dans les deux cas, c’est le monde nouveau, dès maintenant (et plus tard), là où Jésus règne comme un roi, un roi très spécial… Ne repoussons pas le Royaume de Dieu aux calendes grecques ! Il a commencé avec Jésus, et il continue partout où des hommes et des femmes changent radicalement à son appel et se mettent à vivre selon les valeurs de ce Royaume « à l’envers ».

Une autre confusion possible provient de l’expression « royaume des cieux ». On pourrait en effet penser que le Royaume se situe dans le ciel, dans un autre monde, dans l’invisible. L’expression « royaume des cieux », propre à l’évangéliste Matthieu, est simplement une manière juive de ne pas nommer « Dieu », par respect. Mais pour Matthieu aussi, le royaume des cieux s’est approché (Mt 4.23). Et quand Jésus apprend à ses disciples à prier, il incite à demander au Père : « Que ton règne, que ton royaume, vienne sur la terre, comme il l’est déjà au ciel. » (Mt 6.10)

Le Royaume de Dieu est un concept-clé pour bien comprendre ce que voulait Jésus : Dieu intervient en Jésus ; un monde nouveau commence avec Jésus (pas juste un « trip » ou un salut « perso ») ; le remède au mal est apporté ; une politique nouvelle commence, dont la communauté des disciples est le signe : comme le royaume est « politique », l’Église est « politique ». « Politique » au sens d’une manière de vivre-ensemble, une politique où la paix et la justice s’embrassent, où la vérité et l’amour sont en harmonie, et où les ennemis se réconcilient. Pas au sens d’une contrainte ou de jeux de pouvoir.

Ce Royaume est déjà là en partie, et pas encore là en totalité. C’est pourquoi nous prions notre Père : « Que ton règne vienne ! » C’est pourquoi aussi nous « cherchons d’abord le Royaume de Dieu et sa justice » (Mt 6.33).

Un président « a-normal », ses fans et les autres

jesus_christ_presidentImaginez un président qui dirait à ceux qui viennent en aide aux plus démunis de son pays : « Quand vous avez servi des repas au Resto du cœur, vous m’avez servi un repas à moi votre président. Quand vous avez offert de meilleures conditions de vie aux Roms, vous m’avez offert à moi votre président de meilleures conditions de vie. Quand vous avez invité chez vous cet enfant handicapé et ses parents le soir de Noël, c’est moi votre président que vous avez invité chez vous le soir de Noël. Quand vous avez permis à une famille de sept personnes entassées dans un deux pièces d’accéder à un logement plus grand, vous m’avez permis à moi votre président de vivre plus dignement. Quand vous avez donné des tickets-repas à un enfant du Mali pour qu’il mange au moins un repas par jour, c’est à moi votre président que vous avez donné un ticket-repas. Quand vous avez parlé avec ce jeune qui voulait se suicider, c’est à moi votre président que vous avez parlé. » Un président a-normal, atypique…

Dans Mt 25.31-46 (lisez le texte !), Jésus se présente comme « Fils de l’homme » (un titre royal selon Dn 7) et comme roi lors du jugement dernier de toute l’humanité (toutes les « nations » rassemblées, v. 32). Ce roi-juge est proche de ceux qui ont connu de grands besoins (ceux qui ont faim, qui ont soif, sont étrangers, nus, malades, en prison). Ce roi s’identifie avec les « petits », avec ses « frères ». C’est lui qui a aussi eu faim, soif, a été étranger, sans vêtement, malade, en prison.

Drôle de roi

Jésus est un drôle de roi, proche des plus démunis, de ceux qui font face à de graves besoins. Voilà le roi que la foi chrétienne confesse.

Le roi accueille à sa droite ceux de « toutes les nations » qui se sont mis au service des démunis. Il leur donne part à son royaume. Leur attitude envers les plus petits devient le critère pour entrer dans ce royaume. Ils ne savaient pas qu’en leur venant en aide, ils venaient en aide à ce drôle de roi…

A la gauche du roi, il y a ceux de « toutes les nations » qui ne se sont pas mis au service des démunis. Ils n’accèdent pas au royaume. Leur attitude envers les plus petits devient le critère pour ne pas entrer dans ce royaume. Ils ne savaient pas qu’en ne leur venant pas en aide, ils ne venaient pas en aide à ce drôle de roi…

Et qui sont les démunis ? Le roi en parle en disant « l’un de ces plus petits, l’un de mes frères ». Qui sont les frères de ce roi, du roi Jésus ? L’interprétation la plus courante estime qu’il s’agit de tout être humain dans le besoin. Mais en fait, dans l’évangile de Matthieu, le terme « frères » désigne les disciples de Jésus (Mt 12.46-50 ; 23.8-9) ; de même, « les plus petits » désignent dans cet évangile les disciples également (Mt 10.42 ; 18.6.10).

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