Bénir le roi de l’univers?

photo_bible en live judaÏsmesSavez-vous ce que signifie l’expression « bénir le roi de l’univers« ? Comment pouvons-nous « bénir Dieu« ? Ne devrait-on pas plutôt dire « louer Dieu« ? Certaines expressions employées par l’Ancien Testament semblent complexes à comprendre et un détour par la pensée hébraïque s’avère bien utile! Diana Schärer animera une journée -ouverte à tous – d’introduction aux judaïsmes à Tavannes (BE, Suisse) le 6 mai 2017. Elle nous livre ici quelques clés de compréhension.

Mieux comprendre la prière juive – et la bénédiction en particulier

  • La prière juive est une affaire à la fois individuelle et communautaire, et est un des piliers, pour ainsi dire, de la vie juive.
  • La prière individuelle est avant tout un moyen de communication avec Dieu pour exprimer nos sentiments, réactions et besoins. Par contre, quand on la regarde à travers le prisme de l’adoration et du culte juif en général, la prière est bien plus que cela. Elle est partie intégrante de la vie religieuse et spirituelle d’un juif pieux – une partie essentielle, même si une partie seulement.
  • Elle ne saurait être séparée artificiellement du reste, car c’est avec l’ensemble qu’elle crée le tout qu’est le Judaïsme. Les autres composantes essentielles du Judaïsme sont l’étude, la pratique rituelle et une vie éthique.
  • La prière est notre façon de communiquer avec Dieu. Cependant, le but ultime est l’action, la vie elle-même. L’étude a de la valeur en elle-même, mais sa valeur ultime est dans l’effet qu’elle produit sur notre façon de vivre. La même chose peut être dite de la prière. Les gens veulent se sentir près de Dieu. Ils veulent exprimer leurs sentiments, leurs craintes, leurs espoirs. La prière nous rend plus conscients du monde, de la nature, de l’histoire, du rôle de Dieu dans l’histoire, de la nature de Dieu et de ses demandes envers nous. Elle ouvre sur l’étude et sur l’importance d’accomplir les commandements –  à la fois rituels et moraux. On devrait sortir du temps de prière enrichi spirituellement et purifié. Celui qui prie devrait développer une sensibilité vis-à-vis de tout et tous autour de lui, et de sa responsabilité vis-à-vis des autres.

Ceci est particulièrement vrai des bénédictions, qui sont une forme spéciale, ou spécifique, de prières.

Le rythme des bénédictions

  • La vie d’un Juif pratiquant est rythmée par des bénédictions tout au long de la journée : du matin au soir, nous bénissons Dieu pour toute chose. Plus qu’une simple récitation de phrases apprises par cœur, c’est un moyen de rester en lien avec notre créateur à tout moment, et de rester reconnaissant et émerveillé.
  • Il y a des bénédictions pour pratiquement toutes les situations imaginables, y compris les temps de prières réguliers et avant et après avoir mangé un repas. Il y a des bénédictions spécifiques pour différentes sortes de nourriture et parfums, occasions et expériences : on devrait profiter de toute occasion pour louer et bénir le Seigneur.  Elles nous gardent toujours en relation avec lui, conscients de sa présence et du fait qu’il est le créateur qui nous a fait don de la vie.
  • D’après la tradition, certains Psaumes (par exemple 136, 147 et 148) étaient la base pour les bénédictions, appelés b’rakhot en hébreu ; probablement les textes de la plupart des bénédictions étaient déjà établis autour de 350 avant Jésus-Christ – ils faisaient donc certainement aussi partie des prières et bénédictions récitées par Jésus.
  • Ces bénédictions sont récitées selon une forme spécifique : une partie qui est toujours la même, et une partie avec des paroles appropriées pour l’occasion. Cette petite phrase courte contient en elle-même tout un univers : elle commence par adresser Dieu, nous situe dans notre relation à Lui et nous place dans sa présence directe et immédiate. Pour un bref instant, elle nous sort de notre course folle qu’est la vie quotidienne en nous aidant sur le chemin d’une vie dans la présence de Dieu. Chaque acte profane devient saint, le temps devient un sanctuaire, et notre corps le temple de l’Esprit dans lequel nous officions.
  • Mais les bénédictions sont aussi faites dans les temps difficiles : elles apportent de la paix, car nous pouvons savoir que nous ne sommes pas seuls dans ces moments-là.

Bénir Dieu

  • Le mot « bénir » n’implique-t-il pas la grâce de quelqu’un plus grand vers quelqu’un d’autre ? Ne devrait-on pas dire « louer » ? Comment pouvons-nous « bénir » Dieu ?
  • Une telle bénédiction est une prière, mais aussi une confession de foi, car en hébreu, le terme signifie non seulement exprimer ce pour quoi nous voulons bénir Dieu, mais encore déclarer qui est Dieu. Ainsi, la b’rakhah appelle une réponse de la part de Dieu.

Rejoignez-nous le 6 mai prochain: Nous ferons connaissance avec quelques bénédictions traditionnelles et leurs significations, et écrirons ensuite nos propres bénédictions. Il n’y a ici ni « juste », ni « faux », car ces b’rakhot  expriment notre relation avec Dieu. Le but est de nous rendre conscient de sa présence dans nos vies à tout moment, afin d’y voir des étincelles du sacré dans leurs moindres recoins.

Informations pratiques – Flyer

  • Journée de formation: 6 mai 2017 de 8h15 à 17h05
  • Lieu: EEMT de Tavannes (BE, Suisse)
  • Prix: 60 CHF/personne – repas de midi tiré du sac
  • Inscriptions jusqu’au 2 mai 2017 à info@bienenberg.ch
  • Nombre de places limités.

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