Dormir avec du pain

pain« Pendant les bombardements de la 2de guerre mondiale, des milliers d’enfants orphelins souffraient de la faim. Les plus chanceux ont été secourus et placés dans des camps de réfugiés où ils recevaient de la nourriture et où l’on s’occupait bien d’eux. Cependant, beaucoup d’entre eux avaient du mal à s’endormir le soir. Ils craignaient de s’endormir de peur de se réveiller à nouveau sans abri et sans nourriture. Rien ne pouvait les rassurer. Un jour, quelqu’un a eu l’idée brillante de donner à chaque enfant un morceau de pain à serrer dans ses bras. En tenant ce pain, ces enfants pouvaient enfin dormir en paix. Pendant toute la nuit, le pain leur rappelait qu’ils avaient mangé durant la journée et qu’ils mangeraient encore le demain. » (Linn, Sleeping with bread. Holding what gives you life)

Quand une nouvelle année commence, certains l’amorcent confiants avec une bonne dose d’optimisme et d’autres l’appréhendent. Pour la plupart des personnes, appréhension et confiance se mélangent. Les craintes nous viennent naturellement : serai-je à la hauteur cette année ? Que va-t-il se passer pour moi ? Où est-ce que je serai à Noël prochain ? Quels seront les défis que j’aurai à relever ? Est-ce que je vais perdre quelqu’un cette année ? Notre foi se met alors en tension avec ces inquiétudes. « Ne vous inquiétez pas » (Mt 6.34), nous dit Jésus. Dans la prière, nous lui remettons alors chaque souci, chaque question et apprenons à marcher avec lui dans la confiance. Confiance, qu’il ne nous abandonnera pas. Confiance, qu’il marchera avec nous et nous soutiendra peu importent les circonstances. Comme ces enfants, nous devons alors apprendre à « dormir avec du pain », avec ce qui nous nourrit et nous rassure.

Saint Ignace a proposé un exercice qui permet de « dormir avec du pain », de goûter chaque jour à la présence de Dieu et de l’emmener avec nous quand vient la nuit. Il l’a appelé « l’examen de conscience ». Il y a différentes manières de le pratiquer seul ou en groupe. On peut allumer une bougie pour symboliser la présence de Dieu et se poser ces deux questions en toute honnêteté :

  1. A quel moment me suis-je senti le plus proche de Dieu aujourd’hui ?
  2. A quel moment me suis-je senti le plus loin de lui ?

Deux éclairages illuminent alors notre journée, notre semaine, notre année. Le premier est un regard de reconnaissance pour les bienfaits de Dieu. Le second appelle l’intercession ou la confession. Il peut y avoir une charge que nous voulons remettre à Dieu dans la prière ou une grâce que nous lui demandons afin de nous mettre en route à nouveau. Cet exercice tout simple, nous permet de nous souvenir du pain reçu de notre Dieu dans la journée, la semaine ou l’année écoulée. Que la journée soit lumineuse ou obscure, nous pourrons y trouver la trace de l’amour de Dieu pour nous. Cela ne nous empêchera pas de poser nos questions, confesser nos erreurs et d’exprimer nos doutes à celui qui peut tout entendre. Nul doute, Dieu nous donnera le pain qu’il nous faut pour être rassurés et avancer avec confiance dans cette nouvelle année.

Bonne année!

Ce contenu a été publié dans générale par Marie-Noëlle Baecher-Yoder. Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Marie-Noëlle Baecher-Yoder

D.E. d’éducatrice spécialisée, études de psychologie et de théologie aux Etats-Unis (Master de thérapie familiale et conjugale, Mennonite Brethen Seminary, Fresno), Certificat d’Études Francophones de Théologie Anabaptiste (CeFoR Bienenberg) et des études de théologie à la Faculté Protestante de Strasbourg en cours. Elle enseigne la théologie pastorale et l'éthique au centre de formation du Bienenberg. Elle est mariée et mère de deux enfants.

4 réflexions au sujet de « Dormir avec du pain »

  1. Merci pour ce beau message plein de profondeur et très utile. Rien de mieux pour nous encourager en ce début d’année.
    (Je pense que l’on y parle de Saint Ignace de Loyola et de ses exercices spirituels ?).

  2. Merci pour ces deux dernières réflexions de Marie-Noëlle et Frédéric mises en ligne. Je les trouve édifiantes et encourageantes en ce début d’année 2016.
    Je profite de cet écho pour vous souhaiter une nouvelle année empreinte de joie et de confiance dans votre quotidien, vos projets et défis et dans vos précieux engagements au Bienenberg
    Au plaisir de vous y rencontrer de temps en temps, amitié Gladys

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