Famille ou Église?

perdu-le-chemin-12165« S’il y avait plus de 24 heures dans une journée, ce serait plus facile de combiner service dans l’Église et vie de famille ! ». Cette tension entre les deux est assurément une des grandes questions pour la vie de service aujourd’hui. La Bible elle-même nous renvoie des messages qui peuvent à première vue sembler contradictoires : d’un côté, elle nous encourage à laisser notre famille pour nous occuper du royaume de Dieu (Mt 10.34-49, 12.46-50  ; Lc 14.24-27, 9.57-62 ; 1 Co 7.29-34), de l’autre, elle nous rappelle à quel point il est important de s’occuper de notre famille (Dt 24.5 ; Mt 15.1-9 ; 1 Tm 5.4, 8).

Pour toute personne qui se sent concernée par le projet de Dieu par son église, deux questions cruciales se posent : Comment servir l’église sans négliger sa propre famille ? A l’inverse, comment s’occuper de sa famille sans devenir tellement autocentré sur cette dernière, au point d’en oublier le projet de Dieu qui la dépasse ? La question n’est pas simple et il y a besoin d’une bonne dose de créativité et d’humilité pour lui trouver une réponse (temporaire) qui convienne.

Dès la création, Dieu a utilisé des familles (imparfaites) pour accomplir son plan et il continue à le faire aujourd’hui avec celles qui se mettent à son service. La réalité est que l’église locale a besoin des familles et que les familles chrétiennes ont besoin de l’église locale. La famille n’est certes pas l’église, mais des parents chrétiens peuvent inscrire leur projet familial dans la perspective du royaume de Dieu. Leurs enfants, alors, jusqu’à ce qu’ils parviennent à l’âge de leur propre décision, sont comme des « satellites dans le champ gravitationnel de leurs parents » (Henri Blocher). Ils peuvent donc légitimement participer à la vie de l’Église, même s’ils n’ont pas encore opéré le choix volontaire de la rejoindre.

Quelques questions peuvent nous interpeller dans notre cheminement vers un équilibre :

  • Comment notre famille peut-elle participer ensemble à la vie de l’Église locale?
  • Si nos familles sont des « écoles de communion» (Jean-Paul II), quelle place y tient notre vie de foi ?
  • Quel modèle d’engagement laissons-nous à nos enfants ? Est-il équilibré ?
  • Si nous avons l’impression que notre vie est saturée, par quoi est-elle saturée ? Nos loisirs sont-ils à leur juste place ?

Que le Père « de qui dépend toute famille dans les cieux et sur la terre » (Ep 3.14) nous vienne en aide dans ce domaine délicat. Qu’il nous donne l’équilibre propre à notre situation familiale présente, et la grâce qui couvre nos échecs.

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A propos Marie-Noëlle Baecher-Yoder

D.E. d’éducatrice spécialisée, études de psychologie et de théologie aux Etats-Unis (Master de thérapie familiale et conjugale, Mennonite Brethen Seminary, Fresno), Certificat d’Études Francophones de Théologie Anabaptiste (CeFoR Bienenberg) et des études de théologie à la Faculté Protestante de Strasbourg en cours. Elle enseigne la théologie pastorale et l'éthique au centre de formation du Bienenberg. Elle est mariée et mère de deux enfants.

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