Écho de la montagne

La_vallee_de_la_Jordanne_vu_du_Puy_MarybCet été nous sommes allés en Auvergne en famille et avons profité de la belle diversité de la création. J’ai été époustouflée par la hauteur des volcans et la beauté des panoramas. Le plus grand défi que nous avons relevé en couple a été de gravir le Puy Mary, un volcan de 1783 mètres nommé d’après un évangéliste du IIIe siècle. Alors que nous amorcions l’ascension du volcan, un chant appris dans l’enfance est venu à mon esprit : « Je veux monter sur la montagne, c’est là que l’on rencontre Dieu, c’est là que la joie nous inonde et que pour nous s’ouvrent les cieux. Je veux laisser les joies du monde, et me tenir tout près de Dieu, je veux monter sur la montagne, c’est là que l’on est heureux ! » (Chœurs Joyeux n°240) Rencontrer Dieu sur la montagne? Bien sûr, Dieu se rencontre partout et pourtant, la montagne par son caractère imposant affirme haut et fort que Dieu est grand ! Cette rencontre a été rafraichissante. Notre Dieu est comme un diamant qui a de multiples facettes que nous pouvons découvrir différemment dans différents endroits et dans différentes situations. Il se rencontre différemment dans la lumière tamisée d’une chambre et soumis aux vents en haut d’un volcan !

Face à la montagne, je retrouvais ma juste place, celle d’une créature face à son Créateur. C’est le lieu de l’humilité, mais aussi celui de la sécurité et de l’espérance. En proie au doute et au désespoir, le psalmiste a écrit « Je lève les yeux vers les montagnes, d’où me viendra le secours ? ». La réponse s’est imposée d’elle-même, à lui comme à moi, « le secours me vient de Dieu qui a fait la terre et les cieux » (Psaume 121). Devant la grandeur de la nature, il n’y a nul doute. Si Dieu est le créateur de tout cela, il est plus grand que ma vie, plus grand que mes doutes et que mes problèmes. La nature à l’avantage de mettre la vie en perspective, et Dieu sait à quel point nous en avons besoin.

La montagne n’est pas le lieu de l’immédiateté, elle est le lieu où l’on goûte à l’éternité, à la pérennité et à la fidélité de Dieu. Face au volcan, je retrouvais un juste rapport au temps. Dans ce monde où tout va si vite, cela m’a fait du bien de marcher pas après pas sur une montagne formée il y a au moins 540 millions d’années ! Le projet de Dieu me dépasse, il a commencé bien avant moi et il continuera après moi. Par sa grâce, je peux y participer pour le fragment de temps que dure mon existence.

Alors que la rentrée approche et que nous regagnons tous nos intérieurs contrôlés et tempérés « juste comme il faut », souvenons-nous de ces expériences dans la nature, les forêts, les montagnes ou face à l’océan et ne perdons pas l’occasion de les renouveler régulièrement pour gagner en foi, en sécurité et en perspective pour notre vie de tous les jours.

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A propos Marie-Noëlle Baecher-Yoder

D.E. d’éducatrice spécialisée, études de psychologie et de théologie aux Etats-Unis (Master de thérapie familiale et conjugale, Mennonite Brethen Seminary, Fresno), Certificat d’Études Francophones de Théologie Anabaptiste (CeFoR Bienenberg) et des études de théologie à la Faculté Protestante de Strasbourg en cours. Elle enseigne la théologie pastorale et l'éthique au centre de formation du Bienenberg. Elle est mariée et mère de deux enfants.

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