La découverte de Victor, le Hollandais

11A_8389En 2013, mettant à profit un compte épargne-temps, j’ai pu marcher pendant trois mois depuis chez moi, en région parisienne, jusqu’à l’extrémité ouest de l’Espagne à Saint-Jacques de Compostelle. En France j’ai emprunté, pendant un long moment, la voie dite de Vézelay qui est, en fait, très peu fréquentée. J’ai passé des journées entières sans rencontrer d’autre pèlerin. Mais, alors que je traversais le Sud-Ouest de la France, j’ai rencontré un Hollandais avec qui j’ai cheminé quelques jours. Victor (c’est son nom) effectuait sa deuxième marche vers Compostelle. Du coup, la conversation a naturellement roulé vers la question de savoir ce qu’il avait retenu de la première fois.

Victor, tout en s’intéressant aux questions religieuses, disait ne pas avoir la foi. Il s’était lancé dans une première marche 5 ou 6 ans auparavant, en voyant la retraite approcher et en se demandant ce qu’il allait faire lorsqu’il n’aurait plus de travail salarié. Mais, à ses propres dires, il n’a pas spécialement médité sur cette question en marchant. Il s’est rapidement retrouvé en compagnie d’une personne présentant un léger handicap physique qu’il a accompagnée jusqu’au bout. Et puis, une fois rentré chez lui, la découverte qui lui est restée est « qu’il avait assez ». J’aurais pu, me dit-il, prolonger ma carrière professionnelle pour accumuler plus d’argent. J’aurais pu essayer d’avoir une maison plus confortable. Mon épouse, elle aussi, aurait pu continuer à travailler pour augmenter les revenus du ménage. Mais j’avais assez, nous avions assez.

Victor avait pris sa retraite quand je l’ai rencontré. Il fait, entre autres choses, des travaux photographiques assez originaux. Il a, par exemple, photographié des sœurs religieuses d’une congrégation proche de chez lui, pendant leur vie monastique. Il m’a montré l’appareil photographique, relativement simple (sans être non plus du bas de gamme), qu’il utilisait. Je pourrais, m’a-t-il dit, avoir un appareil plus perfectionné, mais j’ai assez.

Cette découverte me semble assez récurrente lorsque l’on marche sur le Chemin de Saint-Jacques. Pour mes trois mois, j’ai emporté, en tout et pour tout, un sac de 8 kilos (plus, quand même, une carte bancaire !). Et, alors que l’on vit dans une simplicité inhabituelle, la vérité est que l’on se sent incroyablement allégé.

Il y aurait beaucoup à dire sur nos modes de vie malades de la surcharge. Mais pour les considérer avec un autre regard il faut quelque chose de l’ordre de la conversion. Combien de chrétiens oseraient proclamer, aujourd’hui, qu’ils ont assez ?

Article écrit par Frédéric de Coninck

5 clés pour ne pas discerner la volonté de Dieu

Comment être certain de ne pas discerner la volonté de Dieu ? Voici 5 clés qui ouvrent des perspectives insoupçonnées… sur la Bible, sur Jésus, sur soi, sur les autres, sur nos manières de discerner la volonté de Dieu.

  1. Utiliser la Bible comme un livre de recettes ou comme un code de loi

La Bible est comme un livre de recettes de prises de décision : je prends une parole de la Bible au hasard (en évitant les versets dérangeants), je me l’applique directement et je saupoudre ma situation. Ou alors je choisis plusieurs versets hors contexte, je les mélange vigoureusement, pour obtenir une sauce passe-partout, à mélanger à n’importe quel cas. A qui objecte, je réponds : « C’est biblique ».

La Bible est à utiliser comme un code de loi : elle y ressemble, avec ses chapitres et ses versets qui font penser aux chapitres, sections et paragraphes du Code civil. Cela exige de connaître la Bible sur le bout des doigts, pour trouver le bon article à appliquer à telle situation. Je sais alors ce qui est autorisé ou pas, à quelles conditions, et qui est concerné. A qui objecte, je réponds : « La Bible dit ».

  1. Ignorer l’enseignement de Jésus

On peut ignorer l’enseignement de Jésus de deux manières. Soit délibérément, soit sans en avoir l’air.

  • Délibérément : je cherche à discerner la volonté de Dieu, mais je sais que Jésus n’a rien dit de clair sur la situation en question, car il en est resté à des généralités. Comme Jésus n’a par exemple pas parlé des Smartphones, j’en déduis qu’il n’a rien à dire sur mon usage des moyens techniques ou technologiques.Ou alors, j’estime que ses paroles étaient trop précises et trop liées à son contexte (« vends tout ce que tu as et suis-moi »), sans validité ou implication potentielles pour aujourd’hui.
  • Sans en avoir l’air : je parle de Jésus, je le prie, je le célèbre comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs, mais je ne cherche pas à connaître les commandements clairs qu’il a donnés ; ou alors je ne me réfère qu’à des commandements généraux en les délayant au point qu’il est difficile d’y trouver une aide pour discerner la volonté de Dieu aujourd’hui.
  1. Toujours ignorer ou toujours suivre ses désirs

Que faire de mes souhaits et de mes désirs dans le discernement de la volonté de Dieu ? On peut répondre à cette question de deux manières.

  • Puisque qu’il s’agit de discerner et de faire la volonté de Dieu et non la mienne, il ne faut surtout pas prêter attention à moi et à mes désirs personnels. En effet, mes désirs personnels s’opposent à la volonté de Dieu. Il faut y renoncer, pour ne pas agir de manière humaine, mais selon Dieu.
  • Puisqu’il s’agit de discerner la volonté de Dieu le Créateur, je peux penser qu’il a placé en moi des désirs qui rejoignent ce qu’il désire. Le principal moyen de savoir ce que Dieu veut est de prêter attention à mes désirs. En outre, comme il faut s’aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres, il faut respecter ses désirs propres pour être capable d’aimer les autres.
  1. Penser avoir raison seul

Même s’il est bien sûr exagéré de dire que « l’enfer, c’est les autres », il est préférable de se méfier de l’avis d’autrui pour discerner la volonté de Dieu, surtout s’il questionne mes motivations. Les autres peuvent être animés par une volonté de contrôle ou de pouvoir, ils pourraient être tentés de s’opposer par principe ou par jalousie, ils risquent de voir la paille chez moi au lieu de voir la poutre chez eux, leur avis est l’expression de leurs névroses.

De plus, l’expérience montre qu’il n’est guère utile de recourir à l’avis de plusieurs personnes pour m’aider à discerner la volonté de Dieu. En effet, leurs avis divergent le plus souvent, surtout si le nombre de personnes consultées est grand. On est alors tiraillé intérieurement sans savoir quelle direction emprunter. Mieux vaut se dispenser des conseils bien-pensants.

  1. Croire que tout se joue au moment du discernement

Si je dois décider entre acheter un 4×4 ou une voiture électrique ou entre quitter mon épouse et rester,  j’ai intérêt à ne pas tenir compte des choix faits dans le passé : habiter à la campagne ou me marier. Je me concentre uniquement sur l’instant présent qui est le moment du discernement et de la décision. Je pèse le pour et le contre, je suis à l’écoute des circonstances, j’écoute ce que me dit Dieu, je me concentre sur le choix à faire, sans tenir compte du passé.

Bref, si discerner la volonté de Dieu est un art, ne pas discerner la volonté de Dieu relève plutôt de l’automatisme, garantie de réussite… !

Traduttore, traditore

Dscn0122J’aimerais vous parler de traduction.

Traduire, c’est déjà un art en soi.

Connaissez-vous l’expression « traduttore, traditore » ? C’est une expression italienne qui signifie que celui qui traduit, trahit (le texte). Cette expression parle de la difficulté inhérente à la tâche qu’est la traduction. Celle-ci ne peut jamais parfaitement respecter, c’est-à-dire rendre le texte de l’œuvre originale tel qu’il a été créé par son auteur.

Dans la théorie de la traduction, il y a plusieurs règles dont celle que le produit de la traduction doit être cohérent en lui même, et une autre qui dit que la traduction doit être cohérente avec le texte source.

Mais, il n’y a qu’à regarder les rayons des librairies chrétiennes pour constater que, malgré les difficultés, la traduction n’est pas impossible. Le traducteur Pierre Levris a d’ailleurs dit en réponse à ce dicton italien: « Traduire, c’est avoir l’honnêteté de s’en tenir à une imperfection allusive ». Le traducteur, s’il ne prétend pas atteindre la perfection par sa traduction, reste conscient de l’altérité du texte.

Ainsi, nous trouvons différentes versions de la Bible, toutes élaborées selon des critères différents et répondant à différents besoins.

Par exemple, les deux premiers versets du Psaume 1 sont traduits par différentes versions comme suit:

Heureux l’homme qui ne marche pas selon les conseils des méchants, qui ne va pas se tenir sur le chemin des pécheurs, qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs. Toute sa joie il la met dans la Loi de l’Eternel qu’il médite jour et nuit. (Bible du Semeur)

Heureux l’homme qui ne suit pas le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs et ne s’assied pas en compagnie des moqueurs, mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Eternel et la médite jour et nuit! (Segond21)

Ici, chaque traducteur ou équipe de traducteurs a fait son choix sur la façon de rendre le texte hébreu, appuyé par sa compréhension du texte et sa théologie.

Quant à moi, j’ai choisi de traduire par:

Bonheur de l’homme qui ne marche pas dans le conseil des méchants,
ni se tient dans le chemin des pécheurs,
et qui ne s’installe pas dans les habitations des moqueurs !

Mais qui a son plaisir dans la Torah du Seigneur,
et qui médite dans sa Torah de jour comme de nuit.

Ce principe, il me semble, vaut aussi pour la vie. Car même si nous ne traduisons pas tous le texte depuis l’hébreu ou le grec, nous le traduisons de la Parole écrite à la Parole en action dans nos vies. Car, que dit aussi la théorie de la traduction ? Que la traduction est une action.  Vu sous cet angle, nous sommes tous des traducteurs. Nous sommes tous appelés à mettre en action la Parole, de la traduire dans nos vies ; et comme une traduction, nos vies doivent être cohérentes, et cohérentes avec notre texte-source.

Cette traduction de la Parole dans nos vies commence par l’étude de celle-ci. En Jean 5, Jésus parle de gens qui scrutent les Écritures, et que ce sont les Écritures qui lui rendent témoignage.

Le mot grec traduit ici par « scruter ou sonder » dans le verset de Jean 5 signifie: strict, serré, avec diligence, sonder, être curieux. C’est ainsi qu’agit un homme qui cherche de l’or, ou des chasseurs qui traquent du gibier. Notre façon de lire et étudier la Bible doit s’en inspirer – toujours à l’affut, pas  satisfaits d’avoir lu superficiellement un chapitre ou deux, mais en cherchant la signification des mots dans leur contexte et en évitant des raccourcis.

Quels peuvent être ces raccourcis ? Lire et comprendre la Bible comme…

  • une collection de lois, de prescriptions sur ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire.
  • une liste de bénédictions et de promesses.
  • si elle était un test de Rorschach : en projetant sur elle ce qu’on veut y voir.
  • un grand puzzle. Une fois « résolu », on sait ce que dit la Bible avant même de l’avoir ouverte parce qu’on a déjà tout compris.

Alors, comment lire ?

Il me semble qu’il y a deux choses importantes, voire essentielles pour la lecture de la Bible :

  • La conviction que le Christ est le centre depuis lequel les Écritures doivent être interprétées et
  • Une herméneutique communautaire, c’est-à-dire un processus d’interprétation à l’intérieur de la communauté et en communauté.

Lire la Bible en post-chrétienté demande une approche centrée sur le Christ, enracinée dans la communauté, ouverte à l’Esprit et qui admet qu’il n’y a pas que du noir et du blanc.

  • Jésus illustre parfaitement ce que l’Ancien Testament veut dire quand il parle d’aimer Dieu « avec tout son cœur, toute son âme et avec toute sa force[1]» et « d’aimer son prochain comme soi-même[2] », qui sont pour lui les plus grands des commandements. Ainsi, pour lui, les choses les plus importantes de la Loi sont la justice, la miséricorde et la foi[3].
  • Toute lecture christocentrique devrait améliorer notre amour de Dieu et du prochain et contribuer à ce que justice, miséricorde et foi grandissent. Plutôt que de voir tout en des termes de prophétie et leur accomplissement, lisons la Parole à la lumière de la vie de Jésus pour apprendre comment agir avec amour, justice et équité, et pour devenir des artisans de paix, des collaborateurs et les mains de Dieu dans ce monde afin de participer à la mission de Dieu ici et maintenant.

Le texte biblique est le fondement de l’imagination prophétique de l’Église. Tout comme Jésus était créatif dans son interprétation de la Bible et de la tradition (« On vous a dit, mais moi je vous dis… »), nous devons nous aussi l’être et adapter notre lecture et notre communication de l’Évangile à la vie dans le monde contemporain.

Article écrit par Diana Schärer.

[1] Dt. 6,5

[2] Lv. 19,18

[3] Mt. 23,23

La pratique du mariage, l’interprétation biblique et le discernement de l’Église

À une époque où l’image du mariage se modifie rapidement dans les sociétés occidentales et où les institutions gouvernementales ont légalement reconnu le
mariage entre personnes de même sexe, l’Église doit décider : devons-nous suivre
cette tendance ? Dans un article initialement publié dans The Mennonite en janvier 2016, Darrin W. Snyder Belousek exprime sa position avec sensibilité et pertinence biblique.

La version courte de l’article, traduit en français par Améline Nussbaumer, est disponible sur la page ressource du CeFoR. Une version plus longue, plus documentée de l’article (en anglais) est disponible ici. Bonne lecture, et bon discernement!

 

Histoire de loups et de bergers

structure meuteCette image qui illustre le déplacement d’une meute de loups a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux ces dernières semaines. Les trois premiers loups sont encerclés en jaune. Contrairement à ce que l’on pourrait penser ce ne sont pas les loups dominants, dits « alpha », mais les plus vieux ou les plus malades. Le groupe avance à leur rythme. Les loups savent que si les plus faibles marchaient derrière, ils seraient vite distancés par la meute ou ils seraient des proies faciles lors d’une attaque. Ils sont donc suivis par cinq loups forts et puissants (entourés en rouge) qui peuvent les protéger du danger. Ensuite, il y a le reste des loups, puis à nouveau cinq loups forts et puissants et enfin, tout derrière, « l’alpha » chef de meute. Depuis sa position, il contrôle le groupe, décide de la direction à prendre et anticipe les attaques des adversaires. L’ensemble de la meute avance donc au rythme des faibles, sous la protection des plus forts et avec la direction donnée par un leader qui veille à la bonne coordination de la meute.

Cette image m’a beaucoup interpelée concernant le leadership au sein de l’Église. Dans beaucoup d’Églises, on s’imagine le pasteur – ou le groupe d’anciens – comme un chef charismatique qui avance avec une vision claire dans une direction entraînant le troupeau à sa suite. Le pasteur est alors comme un PDG qui dirige son entreprise. Seulement que se passe-t-il quand un des membres est faible, souffre, se pose des questions existentielles ou ne peut tenir la cadence ? Un tel leadership est stimulant pour les forts, mais laisse souvent les faibles sur le carreau. Certains seront stimulés à « rattraper la meute », mais d’autres se retrouveront distancés et ultimement abandonnés en position de vulnérabilité.

A quoi ressemblerait une Église qui avancerait au pas des plus faibles ? Cette idée est assurément à contre-courant dans notre société. Cela implique une vision claire de l’appel de l’Église : protéger les plus vulnérables au nom de Dieu et permettre que le peuple de Dieu puisse arriver ensemble à bon port. L’Église est un peuple où les forts encouragent les plus faibles à continuer leur route, par des paroles, des prières, des gestes, et de l’aide concrète. La vie est ainsi faite que les « forts » peuvent passer par des phases où ils auront besoin d’être soutenus et que les « faibles » ne le sont pas éternellement. L’Évangile montre à quel point ces catégories de forts et de faibles se confondent dans une vie de foi ! Cela veut dire que tous peuvent bénéficier de la dynamique de cette vie communautaire par la grâce de Dieu. Quelle belle vision : une Église qui sait questionner ses projets ou au contraire innover pour que ceux qui peinent puissent y trouver leur place et être entourés et encouragés ! Dans une telle Église, le rôle des responsables, les « loups forts », est de veiller à la bonne marche du troupeau et à avertir des dangers éventuels qui le menacent. Soyons convaincus que Dieu, l’ultime alpha marche lui-même à notre suite, nous guidant et nous avertissant des dangers.

Gelassenheit: tout laisser…

Jésus tempête 2Utiliser le mot Gelassenheit dans une conversation courante ferait savant. Une manière anabaptiste d’étaler sa culture germanique. Pour les plus érudits, ce terme fleure bon la mystique médiévale ou la philosophie heideggerienne.

Pourtant, la Gelassenheit est exactement le contraire de l’orgueil ou de la pédanterie. Ce mot allemand exprime la plus grande humilité, la capacité à abandonner son Ego entre les mains de Dieu.

Cette idée se trouve effectivement chez les philosophes mystiques de la fin du Moyen Age : Maître Eckhart, Jean Tauler, Henri Suso, et même Martin Luther. Abandon contemplatif de soi-même pour retrouver l’union avec Dieu, elle a aussi un sens plus dynamique – Gottesverlassenheit ou Gelassenheit in Gottes Wille – avec l’idée de s’en remettre entièrement à la volonté de Dieu.

Les premiers anabaptistes – dont certains sortaient des couvents ou des universités médiévales – ont repris ce terme pour exprimer l’orientation de leur existence. Ils avaient découvert que la grâce n’est pas un vain mot ; elle comble, elle bouleverse. L’amour en Dieu n’est pas extérieur à la vie présente. Il réclame un don total. Devenir disciple de Jésus exige de marcher à la suite de son Seigneur, dans une attitude de confiance et d’obéissance.

Gelassenheit est difficile à traduire en français. Certains ont essayé laissitude (sic!)… Les traductions habituelles de l’allemand – soumission, humilité, renonciation – restent imparfaites. On les complète avec leurs conséquences : calme, contentement, tranquillité d’esprit. Mais il leur manque un dynamisme existentiel. L’étymologie, qui renvoie au verbe lassen, est intéressante. Lassen, en allemand, peut signifier laisser, mais aussi faire. Tout laisser, pour faire la volonté du Seigneur et aussi pour le laisser faire toutes choses en nos vies, voilà ce qu’exprime la Gelassenheit. Cela nous ramène à la Bible.

La Gelassenheit rappelle l’abaissement du Fils de Dieu, venu pour faire, non pas sa propre volonté, mais la volonté de Celui qui l’a envoyé. (Jn 6,38) Elle se vit dans sa Passion : Père, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se réalise. (Lc 22,42) Elle caractérise l’offrande de son existence : Ma vie, je la donne de moi-même. (Jn 10,18)

La Gelassenheit fonde la vie du disciple de Jésus : Si quelqu’un vient à moi sans me préférer… à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. (Lc 14,26) Elle fait entrer dans une attitude d’obéissance, d’humilité, de refus de la puissance et de la violence, d’abandon confiant en Dieu pour les besoins de chaque jour et dans la persécution. Le Sermon sur la Montagne (Mt 5-7) en représente une expression concrète. Elle se manifeste dans la réponse des premiers disciples à l’appel de Jésus : Laissant tout, ils le suivirent (Lc 5,11).

Tout laisser pour le Christ, voilà fondamentalement ce que signifie la Gelassenheit. Les amish[1] utilisent le mot uffgewwe dans leur allemand de Pennsylvanie – aufgeben en allemand, ou to give up en anglais : renoncer, céder, abandonner Tout abandonner, s’abandonner soi-même, pour le Christ et pour les frères et sœurs… Laisser derrière soi la confiance orgueilleuse dans les richesses, le pouvoir, dans ses projets, sa volonté propre, sa tendance à vouloir maîtriser l’avenir. S’abandonner en Dieu pour suivre le Christ, dans la vie comme dans la mort.

Laisser, s’abandonner, ces deux verbes expriment la substance de la Gelassenheit. Laisser son Moi ; s’abandonner entre les mains du Seigneur, accepter joyeusement la volonté de Dieu. Suivre le Christ dans sa kénose, dans son anéantissement : Il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur (Ph 2,7). Il va sans dire qu’elle situe le disciple de Jésus complètement à contre courant des sociétés humaines.

Vivre la Gelassenheit exige donc un combat spirituel, pour laisser dans sa vie toute la place au Christ. L’apôtre parlait de la mort du vieil homme (Rm 6,6). Mais ce combat présente l’immense avantage d’une victoire assurée, parce que le Christ est toujours vainqueur. C’est un combat dont l’issue est la paix et la joie, selon les promesses de Jésus (Jn 14,27 ; 15,11). « Si nous ne nous donnons pas totalement au Christ… nous ne trouverons jamais la totale liberté intérieure et la paix promises dans l’Evangile. » (J. Heinrich Arnold) Jésus ouvre un chemin dans lequel perdre sa vie, c’est la gagner (Mt 10,39).

Nous croyons qu’en l’homme Jésus a brillé en plénitude la lumière de Dieu. L’anabaptisme, dès ses débuts, a affirmé que la restauration en l’homme de l’image de Dieu appartient à la dynamique du salut. La Gelassenheit n’a d’autre but que de laisser en nous vivre le Christ. Les disciples de Jésus trouveront alors la paix avec lui, même dans la tempête. Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? (Mt 8,26), leur dit le Seigneur. Non pas comme un reproche, mais comme un chemin. Félix Mantz, l’un des premiers anabaptistes de Zurich, reprenait, sur le lieu de son exécution (1527), les paroles de son Maître, aboutissement ultime de la Gelassenheit : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum – En tes mains, Seigneur, je remets mon Esprit.

François Caudwell

[1]J’ai rédigé deux petites études, avec références bibliographiques, où je précise la notion de Gelassenheit chez les premiers anabaptistes et les amish : F. Caudwell, Suivre Jésus, un chemin de paix – Aspects de la spiritualité anabaptiste, Saarbrücken, Editions Croix du Salut, 2015. Particulièrement les pages 21-22, 37-41.

Voir surtout l’article Gelassenheit de Robert Friedmann, dans la Mennonite Encyclopedia. En ligne : http://gameo.org/index.php?title=Gelassenheit

 

De l’esprit au salut

Ayant eu l’honneur de soutenir ma thèse de doctorat en novembre dernier à la Faculté Libre de Théologie Evangélique (FLTE) de Vaux-sur-Seine, je profite de cette occasion pour en livrer la teneur, en résumé.

Depuis le XVIe siècle, les anabaptistes sont en général connus pour leur critique du baptême des nourrissons, leur insistance sur la vie de disciple et leur compréhension d’une Église émancipée de la tutelle des pouvoirs civils et politiques. Les motifs anthropologiques et sotériologiques de leurs positions, par contre, ont été moins étudiés – du moins dans l’espace linguistique francophone. Ces derniers ne manquent pourtant pas d’intérêt. En effet, ceux que l’on appelle aujourd’hui les « radicaux », en adhérant d’une part aux grandes affirmations de Luther quant à la grâce et au salut – le sola gratia, le sola fide –, en maintenant de l’autre la défense d’un certain libre arbitre de l’homme, ont occupé une place singulière dans l’éventail des réformes du XVIe siècle.

L’objet de mon étude a porté sur l’articulation théologique qui leur a permis de maintenir ensemble ces deux vues, souvent jugées – jusqu’à aujourd’hui – contradictoires. Pour cela, je me suis penché sur les écrits des deux penseurs anabaptistes à qui l’on doit les élaborations les plus abouties sur le sujet, à savoir Balthasar Hubmaier (1480/85-1528) et Pilgram Marpeck (1495?-1556).

La thèse centrale de leur raisonnement est la pensée selon laquelle Dieu, pour sauver l’homme, utilise ce qu’il a lui-même insufflé de lui dans la nature humaine, lors de la création, et qui est devenu part de cette nature : à savoir l’esprit, comme souffle divin – un thème décliné, pour Hubmaier, à partir de la notion de l’image de Dieu ou Feuerlein (« petit feu »), et pour Marpeck, à partir de l’idée de la lumière ou grâce naturelle / originelle (Erbgnade). Cet esprit, en tant qu’étincelle divine en l’homme, détermine ses potentialités dans chacune des trois grandes périodes de l’histoire : avant la chute, après la chute et après le relèvement de la chute par Jésus-Christ.

L’analyse montre que ni Hubmaier ni Marpeck ne promeuvent une position selon laquelle l’homme pourrait, par une capacité naturelle qui viendrait de lui, esquisser le premier pas vers son salut. Cette capacité ou grâce naturelle existe, certes, et est part de la nature humaine, mais elle vient à la base de Dieu – puisqu’il s’agit en fait de l’esprit divin insufflé à l’homme lors de la création. La grâce dans cette optique n’est pas seulement une réalité extérieure à l’homme, mais une réalité aussi présente dans sa nature même, depuis la création. Elle détermine les possibilités humaines selon la phase de l’histoire dans laquelle on se trouve, des possibilités réelles et honorées par Dieu, même si elles demeurent limitées jusqu’au relèvement de la chute. Hubmaier et Marpeck souscrivent donc tous deux à une certaine forme de doctrine de la grâce commune, pour le premier par le biais de l’image de Dieu, pour le second par le biais de la lumière naturelle.

La nécessité d’une grâce spéciale demeure, comme en témoigne leur affirmation commune de la centralité de l’œuvre de Jésus-Christ. En Christ, ont été effacées les conséquences du péché originel qui empêchaient jusque-là l’homme d’accéder au salut. La venue sur terre de Jésus, sa mort, sa résurrection, son ascension, qu’a suivi l’envoi du Saint-Esprit, ont placé l’homme dans une situation nouvelle, caractérisée par la libération de ses capacités jusque-là emprisonnées. Sur cette base, une réponse devient possible, y compris pour le salut. L’homme qui le veut peut désormais répondre favorablement. Lorsqu’il le fait, il expérimente la nouvelle naissance, comprise comme transformation véritable de sa nature. Rendu capable de dominer sa chair par son esprit, il peut désormais garder les commandements divins et entrer dans une vie de disciple à la suite de Jésus-Christ. Il n’est toutefois pas question, ni pour Hubmaier ni pour Marpeck, de défendre l’idée d’un quelconque état de perfection qui serait atteignable déjà ici-bas. Diverses allusions dans les écrits des deux auteurs attestent qu’ils restent l’un et l’autre conscients de la tension qui subsiste dans ce domaine, une tension qui ne se résoudra que dans l’eschaton.

Ce qui compte, en résumé, dans leur perspective, c’est la double affirmation

– (i) d’une part, que tout est grâce, parce que tout vient Dieu : à la fois l’esprit insufflé à la création, et la grâce spéciale en Jésus-Christ (la Parole faite chair et son Esprit) ;

– (ii) et d’autre part, que l’homme reste responsable, car la grâce divine consiste finalement à renouveler en lui ses moyens ou sa capacité de répondre : après la chute, déjà, selon ce qu’il pouvait alors atteindre ; depuis le relèvement de la chute, surtout, par la libération des facultés présentes en lui depuis la création (qui étaient déjà grâce).

La grâce de Dieu, ainsi, précède et accompagne tout le processus du salut. Particulièrement, à chaque étape, elle rend possible et sollicite la réponse de l’homme.

Balthasar Hubmaier et Pilgram Marpeck n’ont évidemment pas élaboré leurs pensées respectives dans le vide. Celles-ci se sont inscrites dans les contextes qui furent les leurs, avec des arrière-plans, des polémiques et des débats différents. L’un et l’autre ont effectué un travail intellectuel propre, puisant à diverses sources sans cependant reprendre ces dernières de manière aveugle. Ils se rejoignent au final dans la défense de convictions fondamentales à leurs yeux pour soutenir l’essentiel : la constitution d’une Eglise visible, composée de croyants librement engagés, de manière responsable, dans une vie d’obéissance à Jésus-Christ.

Car parmi les raisons qui ont poussé nos deux auteurs à soutenir leurs positions, le souci a prédominé de pouvoir fonder, d’une part, une théologie baptismale volontariste et son corollaire d’une ecclésiologie de type confessant, et d’autre part, une éthique de la responsabilité humaine en vue d’une vie de disciple conséquente. Pour Hubmaier, il s’agissait en premier lieu de contrer une anthropologie et une sotériologie luthériennes qui, en insistant trop sur la dépravation humaine, en attribuant le tout à Dieu et rien à l’homme, n’était à ses yeux guère en mesure de fournir les bases théologiques nécessaires pour soutenir une véritable réforme de l’Eglise ; pour Marpeck, il s’agissait plutôt de rappeler le lien indéfectible entre les dimensions intérieure et extérieure de la nature humaine et du salut, la dimension extérieure (le « faire ») s’avérant évidemment essentielle pour promouvoir une éthique autant qu’une ecclésiologie.

Un des apports majeurs des deux anabaptistes est la mise en évidence de l’existence, dans l’éventail des réformes du XVIe siècle, d’une perspective entretenant un regard que je me suis permis de qualifier de plus « optimiste » sur la nature humaine… Une proposition qui doit bien entendu être précisée. En effet, s’agissant de la relativisation des effets du péché originel, de l’affirmation de la grâce comme part aussi de la nature humaine, de l’affirmation encore de la nouvelle naissance comme transformation réelle de cette nature, la raison de l’optimisme repose, pour Hubmaier et pour Marpeck, non sur de soi-disant qualités de la nature humaine mais sur ce que Dieu a donné et mis en l’homme : l’esprit, comme « premier morceau de grâce » en vue du salut. La venue de Christ, ensuite, inaugurant une nouvelle effusion du Saint-Esprit, est l’événement qui a permis la restauration des capacités humaines abimées, enténébrées, ouvrant ainsi la voie à une réponse possible de la part de l’homme, en vue de son salut. L’homme, ainsi, a été rendu capable de répondre, à nouveau, à l’offre du salut…

Denis Kennel, De l’esprit au salut. Une étude des concepts de l’image de Dieu et de la lumière naturelle chez Balthasar Hubmaier et Pilgram Marpeck, thèse de doctorat soutenue à la FLTE le 18 novembre 2015, en projet de publication.

Dormir avec du pain

pain« Pendant les bombardements de la 2de guerre mondiale, des milliers d’enfants orphelins souffraient de la faim. Les plus chanceux ont été secourus et placés dans des camps de réfugiés où ils recevaient de la nourriture et où l’on s’occupait bien d’eux. Cependant, beaucoup d’entre eux avaient du mal à s’endormir le soir. Ils craignaient de s’endormir de peur de se réveiller à nouveau sans abri et sans nourriture. Rien ne pouvait les rassurer. Un jour, quelqu’un a eu l’idée brillante de donner à chaque enfant un morceau de pain à serrer dans ses bras. En tenant ce pain, ces enfants pouvaient enfin dormir en paix. Pendant toute la nuit, le pain leur rappelait qu’ils avaient mangé durant la journée et qu’ils mangeraient encore le demain. » (Linn, Sleeping with bread. Holding what gives you life)

Quand une nouvelle année commence, certains l’amorcent confiants avec une bonne dose d’optimisme et d’autres l’appréhendent. Pour la plupart des personnes, appréhension et confiance se mélangent. Les craintes nous viennent naturellement : serai-je à la hauteur cette année ? Que va-t-il se passer pour moi ? Où est-ce que je serai à Noël prochain ? Quels seront les défis que j’aurai à relever ? Est-ce que je vais perdre quelqu’un cette année ? Notre foi se met alors en tension avec ces inquiétudes. « Ne vous inquiétez pas » (Mt 6.34), nous dit Jésus. Dans la prière, nous lui remettons alors chaque souci, chaque question et apprenons à marcher avec lui dans la confiance. Confiance, qu’il ne nous abandonnera pas. Confiance, qu’il marchera avec nous et nous soutiendra peu importent les circonstances. Comme ces enfants, nous devons alors apprendre à « dormir avec du pain », avec ce qui nous nourrit et nous rassure.

Saint Ignace a proposé un exercice qui permet de « dormir avec du pain », de goûter chaque jour à la présence de Dieu et de l’emmener avec nous quand vient la nuit. Il l’a appelé « l’examen de conscience ». Il y a différentes manières de le pratiquer seul ou en groupe. On peut allumer une bougie pour symboliser la présence de Dieu et se poser ces deux questions en toute honnêteté :

  1. A quel moment me suis-je senti le plus proche de Dieu aujourd’hui ?
  2. A quel moment me suis-je senti le plus loin de lui ?

Deux éclairages illuminent alors notre journée, notre semaine, notre année. Le premier est un regard de reconnaissance pour les bienfaits de Dieu. Le second appelle l’intercession ou la confession. Il peut y avoir une charge que nous voulons remettre à Dieu dans la prière ou une grâce que nous lui demandons afin de nous mettre en route à nouveau. Cet exercice tout simple, nous permet de nous souvenir du pain reçu de notre Dieu dans la journée, la semaine ou l’année écoulée. Que la journée soit lumineuse ou obscure, nous pourrons y trouver la trace de l’amour de Dieu pour nous. Cela ne nous empêchera pas de poser nos questions, confesser nos erreurs et d’exprimer nos doutes à celui qui peut tout entendre. Nul doute, Dieu nous donnera le pain qu’il nous faut pour être rassurés et avancer avec confiance dans cette nouvelle année.

Bonne année!

Justice et grâce de Dieu

obelic

Pour le dernier article de l’année 2015, nous donnons la parole à l’un de nos étudiants FBSA, Frédéric Nicolet.

Le « mélange » de justice et de grâce qui caractérise Dieu continue de m’interpeler et de m’émerveiller.

En effet:

  • Dieu est parfaitement juste
  • Dieu est plein de grâce

… et pourtant, la justice ce n’est pas la grâce…

… même plus: la grâce, ce n’est pas juste !

Justice et grâce: 2 attributs qui sont à première vue incompatibles !

Il suffit, pour bien comprendre la tension qu’il y a entre ces 2 attributs, d’imaginer un criminel condamné à 10 ans de prison (justice) sortant libéré après seulement 2 ans parce que le président de la République l’a gracié: ce n’est pas juste à mais c’est de la grâce !

Si la grâce de Dieu envers les non-croyants m’émerveille, parce que Dieu est toujours prêt à offrir le cadeau de la grâce à qui se repent, il m’a fallu un peu plus de temps pour imaginer comment ressembler à Dieu dans ces attributs. Je ne suis pas un « intellectuel », et la représentation des choses spirituelles par des exemples de la vie de tous les jours m’aide à les assimiler. Finalement, Jésus n’a-t-il pas enseigné à de nombreuses reprises par des paraboles ?

Donc, pour ce qui est de « justice » et « grâce », je vous propose une image: celle du corps humain, notre corps, constitué d’un squelette et de chair.

  • Le squelette, c’est comme la justice: c’est solide, rigide, inflexible, ça ne change pas, … et c’est indispensable pour que le corps tienne debout …
    … sinon, on serait des limaces… et les limaces, elles prennent la forme du monde dans lequel elles évoluent !
  • Mais autour du squelette, il y a de la chair, des muscles, des nerfs, etc.: c’est comme la grâce. Bien entendu, en regardant un individu, on reconnaît la forme de son squelette, mais il est enrobé de chair.
    Et la chair est aussi indispensable que le squelette:

    • c’est ce qui permet à l’ensemble de bouger (muscles), d’aller à la rencontre de l’autre; c’est ce qui donne de la dynamique (alors que le squelette est statique)
    • c’est ce qui permet de ressentir les choses et/ou les autres: les voir, les toucher, leur transmettre chaleur et douceur, …
    • c’est ce qui permet aussi de s’adapter à l’autre (si je sers la main à quelqu’un, ce ne sont pas simplement 2 tas d’os qui s’entrechoquent (!), mais chacun s’adapte à l’autre, prend un peu la forme de l’autre, tout en gardant la forme d’une main).

Pour ressembler à Christ, pour être porteur comme lui de la justice et de la grâce, veillons à maintenir notre corps en bonne santé … avec même un peu d’embonpoint (pour une fois, ce n’est pas mauvais !).

Dans mon enfance, on disait d’une personne un peu enveloppée: « il est fin gras ». J’avoue que ce n’est pas une expression d’une élégance extraordinaire, mais je reprends cette expression pour nous encourager à être enrobés de gras-âce …
… à être « fin grâce » !!

Veillons donc à développer une ossature solide (= notre foi basée sur la connaissance de Dieu et de sa Parole), tout en étant enrobés de grâce, ce qui nous donnera la dynamique, un élan pour le prochain, pour aller à la rencontre de l’autre, en s’adaptant dans la mesure du possible à sa culture, à sa personne, en cherchant à comprendre qui il est, et en transmettant un peu de ce qui nous habite (je l’espère !): l’amour de Dieu

  • Sommes-nous « fin grâce » pour les réfugiés, les SDF, les laissés pour compte, les marginaux dans nos sociétés ?
  • Nos églises sont-elles « fin grâce » pour accueillir ces mêmes personnes, et non seulement les « propre-en-ordre » ?

Justice et grâce: que nous puissions vivre pratiquement et chaque jour ces 2 éléments, en ressemblant à notre Modèle, et en le remerciant pour la valeur que nous avons à ses yeux: celle du prix de Sa grâce !

Prise de position face à la migration en Europe

Nous vous invitons à découvrir deux textes rédigés par nos responsables d’Église et disponibles sur notre page « Textes à télécharger«  dans la rubrique « Paix/non-violence ».